C'est la saison des outlooks et l'avantage de publier le nôtre après avoir lu celui des autres, c'est que notre mesure de sentiment s'en trouve améliorée...
Année en V mais pas forcément désagréable.
Pour faire un outlook pour une année entière, ce sont les indicateurs long terme que l'on doit observer et ceux-ci ont souvent des indications qui semblent erronés sur le moment.
Les indicateurs long terme sont, actuellement, positifs, largement supportés par le changement de vision de la Réserve Fédérale américaine. Tant que cette dernière demeurera pessimiste sur l'économie, la bourse se portera assez bien, du moins, à long terme. La Fed continue d'imprimer de la liquidité à un taux agressif, afin d'éviter une catastrophe de liquidité (voir REPO plus bas) depuis la fin septembre, marquant un terme à la "normalisation" de son actif.
Ces 400 milliards de nouveaux dollars auront fait leur chemin dans le système financier en juin, sans compter les 200 milliards supplémentaires injectés dans le REPO Market depuis septembre. Cet argent fini toujours par trouver son chemin dans le marché des actions, en abaissant les taux d'intérêt , diminuant du même coup l'avantage de détenir des obligations, le tout, au profit des actions américaines.
Toutefois, les choses pourraient changer. La Réserve Fédérale insiste sur le fait que cette mesure est temporaire et dépendante des conditions économiques mondiales. Elle doit d'ailleurs r se terminer ces semaines-ci. Avec l'accord US - Chine (phase 1), le MCAUSA et autres accords de commerces récemment signés, le commerce international pourrait être vu comme étant suffisamment solide pour stopper ces injections de liquidités.
Donc, si l'économie mondiale donne des signes de reprise, ça pourrait être problématique pour le marché américain. Le Fed reprendrait ainsi sa "normalisation", c'est-à-dire monter les taux d'intérêt. Comme le marché est actuellement très cher en terme de ratio cours/bénéfices, cours/ventes, etc, et l'optimisme très élevé, un changement aussi négatif de la politique de la Réserve Fédérale amènerait des perspectives beaucoup plus modestes à long terme.
Et si l'économie mondiale n'allait pas mieux, la Réserve Fédérale pourrait continuer ses injections mais le marché comprendrait alors que quelque chose ne va vraiment pas et l'avantage de signer des accords avec des économies en régression serait beaucoup moindre. Le dernier commentaire de la Banque du Canada concernant la direction future des taux d'intérêt laisse croire que les taux canadiens pourraient se mettre à baisser - ce qui ne serait certainement pas surprenant puisque la courbe canadienne (10 ans - 3 mois) est dramatiquement inversée (1,42% vs 1,65%) depuis assez longtemps. Mais comme une baisse généralisée des taux mondiaux ramènerait les taux américains sur le podium des plus hauts taux d'intérêt du monde développé, le marché américain pourrait subir le même suffoquement que lors de l'automne 2018.
Ainsi donc, puisque la Réserve Fédérale est active sur le marché, les conséquences dépendent d'elle et l'issue est trop souvent négative: elle change la mécanique du marché en introduisant un élément régulateur et un débalancement se crée forcément à quelque part.
Secteurs
Dans cet environnement où la liquidité dépend de la banque centrale, beaucoup de secteurs se trouve à être favorisés ou défavorisés. Nous avons tous vu comment les titres étoiles des années 2016-2017 se sont abruptement stoppés et même effondrés, suite aux changements de politiques monétaires des banques centrales. L'année 2020 regorgera de beaucoup d'opportunités pour nous de bonifier le rendement du marché, en plus de l'exposition variable associée au risque.
REPO
Actuellement, dans le marché de la liquidité très court-terme et inter-bancaire, la liquidité est anormalement très serrée. On nous expliquait en septembre que c'était dû à des opérations liées à la fin d’exercices fiscaux (explication très opaque selon nous) mais il semble que ces opérations soient liées à quelque chose qui dure plus longtemps que prévu finalement.
Le marché du REPO est un marché libre... enfin, avant que la Fed n'y mette les pieds. Le REPO est un accord entre institutions pour se prêter de l'argent pour 24 heures. Or, les taux sont devenus subitement, en septembre, extrêmement élevés sur ce marché, tellement élevés qu'ils se sont approchés des taux des années 1980s, les taux les plus élevés de l'histoire. Ça a été très court mais comme c'est un marché immense (1000 milliards et + par jour), ça ne peut être ignoré ou considéré comme une simple anomalie. De plus, très fréquemment, ces taux cherchent encore à remonter mais sont maintenant freinés par la Fed qui y injecte entre 20 et 40 milliards à chaque semaine.
La question qui se pose est alors: pourquoi est-ce que lorsque personne ne regarde, ces taux montent dramatiquement? Serait-ce que parce que les taux d'intérêt actuels ne reflètent pas la réalité et que la liquidité est effectivement très serrée? Si tel est le cas, la Réserve Fédérale n'a certainement pas terminé son QE et le monde est beaucoup plus mal en point qu'on ne peut le croire.
Les interventions de la Réserve Fédérale sur le marché du REPO sont TRÈS révélatrices de la santé du marché de la liquidité et la Fed a peut-être les mains liées concernant ses décisions à propos des QE et du REPO. Les interventions de la Réserve Fédérale peuvent être suivies sur ce site: https://fred.stlouisfed.org/series/RPONTSYD#0
Sentiment
Le risque le plus aisé à discerner actuellement est l'optimisme généralisé. Les différentes mesures de sentiment que l'on peut trouver un peu partout, montrent une gamme de lecture s'étendant de "généralement optimiste" à "extrêmement optimiste". Nos mesures de sentiment sont toutefois ajustées à la performance du marché et sont donc autrement plus efficace ainsi, merci aux nombreuses année de recherche de Gestion SFRO dans ce domaine. Ainsi, un optimisme général lorsque le marché est "horizontal" est énormément plus dangereux que l'optimisme général qui apparaît dans un marché fortement haussier, aussi incroyable que cela puisse paraître. Ainsi donc,tant que le marché reste fort, le sentiment ne devrait pas trop nuire.
Le sentiment ne sera révélateur que lors de la prochaine pause: s'il reste élevé, c'est que ce ne sera pas qu'une simple pause mais bien une correction significative. Pour le moment la situation du sentiment doit être suivie de près.
Cycles
Les cycles seront hautement significatifs cette année. D'abord parce que c'est une année d'élections et aussi parce que les 2 partis en liste sont très différents quand à leurs impacts sur le marché. Pour le moment, Trump est le favori dans cette élection mais comme l'adversaire ne sera pas connu avant mai ou juin, le marché devra tenir compte de 2 ou 3 ou 4 scénarios possibles et évoluera en conséquence. Il y a fort à parier que le marché sera beaucoup plus volatile dans la première moitié, tant que rien n'est clair. Selon l'histoire, 2020 pourrait ressembler à ceci:
Ce cycle composite tient compte de ce qui se passe habituellement dans une année typique, une année d'élection typique et de la première année d'une décennie. On voit que les premiers mois de l'années sont beaucoup plus volatiles.
Risques
Donc, 2020 sera une année où l'évaluation du risque fera une grande différence entre un rendement nul, médiocre ou un excellent rendement.
Soulèvements populaires
La vague de soulèvements populaires un peu partout sur la planète (Gilets Jaunes, Hong Kong, Brexit, Iran, etc) amène des changements, dans certains cas, qui pourraient s'avérer structurels. Ces soulèvements ne devraient pas se résorber, sans de grandes modifications aux niveaux de ces sociétés et l'ordre établi devrait changer drastiquement. Ce qui pourrait FORT probablement impliquer des changements politiques (Trump, Brexit/Johnson) et amener des dirigeants moins globalistes que les dirigeants actuels et les barrières commerciales se refermer.
Le marché tient compte de ces soulèvements et pèse et sous-pèse ce risque. Les banques centrales pourraient être appelées à réagir et à dévaluer les monnaies afin de relancer l'économie locale, un remède qui fonctionne relativement bien à court terme. Ces dévaluations pousseraient le $ US et amèneraient la Fed à réagir à ces politiques extérieures.
À 23 fois les profits, le SP500 est vulnérable à ces bouleversements potentiels.
Conclusion
Contrairement à plusieurs opinions qui ont été émises, nous entrons dans cette année avec 2 scénarios possibles à partir de cette année en V: le marché terminera avec un solide gain OU le marché ne pourra pas récupérer la totalité de la baisse du premier semestre. C'est donc lors des prochains mois que l'évaluation du risque sera cruciale.
Année en V mais pas forcément désagréable.
Pour faire un outlook pour une année entière, ce sont les indicateurs long terme que l'on doit observer et ceux-ci ont souvent des indications qui semblent erronés sur le moment.
Les indicateurs long terme sont, actuellement, positifs, largement supportés par le changement de vision de la Réserve Fédérale américaine. Tant que cette dernière demeurera pessimiste sur l'économie, la bourse se portera assez bien, du moins, à long terme. La Fed continue d'imprimer de la liquidité à un taux agressif, afin d'éviter une catastrophe de liquidité (voir REPO plus bas) depuis la fin septembre, marquant un terme à la "normalisation" de son actif.
| Actif de la Fed: le "no-QE" QE. |
Toutefois, les choses pourraient changer. La Réserve Fédérale insiste sur le fait que cette mesure est temporaire et dépendante des conditions économiques mondiales. Elle doit d'ailleurs r se terminer ces semaines-ci. Avec l'accord US - Chine (phase 1), le MCAUSA et autres accords de commerces récemment signés, le commerce international pourrait être vu comme étant suffisamment solide pour stopper ces injections de liquidités.
Donc, si l'économie mondiale donne des signes de reprise, ça pourrait être problématique pour le marché américain. Le Fed reprendrait ainsi sa "normalisation", c'est-à-dire monter les taux d'intérêt. Comme le marché est actuellement très cher en terme de ratio cours/bénéfices, cours/ventes, etc, et l'optimisme très élevé, un changement aussi négatif de la politique de la Réserve Fédérale amènerait des perspectives beaucoup plus modestes à long terme.
Et si l'économie mondiale n'allait pas mieux, la Réserve Fédérale pourrait continuer ses injections mais le marché comprendrait alors que quelque chose ne va vraiment pas et l'avantage de signer des accords avec des économies en régression serait beaucoup moindre. Le dernier commentaire de la Banque du Canada concernant la direction future des taux d'intérêt laisse croire que les taux canadiens pourraient se mettre à baisser - ce qui ne serait certainement pas surprenant puisque la courbe canadienne (10 ans - 3 mois) est dramatiquement inversée (1,42% vs 1,65%) depuis assez longtemps. Mais comme une baisse généralisée des taux mondiaux ramènerait les taux américains sur le podium des plus hauts taux d'intérêt du monde développé, le marché américain pourrait subir le même suffoquement que lors de l'automne 2018.
Ainsi donc, puisque la Réserve Fédérale est active sur le marché, les conséquences dépendent d'elle et l'issue est trop souvent négative: elle change la mécanique du marché en introduisant un élément régulateur et un débalancement se crée forcément à quelque part.
Secteurs
Dans cet environnement où la liquidité dépend de la banque centrale, beaucoup de secteurs se trouve à être favorisés ou défavorisés. Nous avons tous vu comment les titres étoiles des années 2016-2017 se sont abruptement stoppés et même effondrés, suite aux changements de politiques monétaires des banques centrales. L'année 2020 regorgera de beaucoup d'opportunités pour nous de bonifier le rendement du marché, en plus de l'exposition variable associée au risque.
REPO
Actuellement, dans le marché de la liquidité très court-terme et inter-bancaire, la liquidité est anormalement très serrée. On nous expliquait en septembre que c'était dû à des opérations liées à la fin d’exercices fiscaux (explication très opaque selon nous) mais il semble que ces opérations soient liées à quelque chose qui dure plus longtemps que prévu finalement.
Le marché du REPO est un marché libre... enfin, avant que la Fed n'y mette les pieds. Le REPO est un accord entre institutions pour se prêter de l'argent pour 24 heures. Or, les taux sont devenus subitement, en septembre, extrêmement élevés sur ce marché, tellement élevés qu'ils se sont approchés des taux des années 1980s, les taux les plus élevés de l'histoire. Ça a été très court mais comme c'est un marché immense (1000 milliards et + par jour), ça ne peut être ignoré ou considéré comme une simple anomalie. De plus, très fréquemment, ces taux cherchent encore à remonter mais sont maintenant freinés par la Fed qui y injecte entre 20 et 40 milliards à chaque semaine.
La question qui se pose est alors: pourquoi est-ce que lorsque personne ne regarde, ces taux montent dramatiquement? Serait-ce que parce que les taux d'intérêt actuels ne reflètent pas la réalité et que la liquidité est effectivement très serrée? Si tel est le cas, la Réserve Fédérale n'a certainement pas terminé son QE et le monde est beaucoup plus mal en point qu'on ne peut le croire.
Les interventions de la Réserve Fédérale sur le marché du REPO sont TRÈS révélatrices de la santé du marché de la liquidité et la Fed a peut-être les mains liées concernant ses décisions à propos des QE et du REPO. Les interventions de la Réserve Fédérale peuvent être suivies sur ce site: https://fred.stlouisfed.org/series/RPONTSYD#0
Sentiment
Le risque le plus aisé à discerner actuellement est l'optimisme généralisé. Les différentes mesures de sentiment que l'on peut trouver un peu partout, montrent une gamme de lecture s'étendant de "généralement optimiste" à "extrêmement optimiste". Nos mesures de sentiment sont toutefois ajustées à la performance du marché et sont donc autrement plus efficace ainsi, merci aux nombreuses année de recherche de Gestion SFRO dans ce domaine. Ainsi, un optimisme général lorsque le marché est "horizontal" est énormément plus dangereux que l'optimisme général qui apparaît dans un marché fortement haussier, aussi incroyable que cela puisse paraître. Ainsi donc,tant que le marché reste fort, le sentiment ne devrait pas trop nuire.
Le sentiment ne sera révélateur que lors de la prochaine pause: s'il reste élevé, c'est que ce ne sera pas qu'une simple pause mais bien une correction significative. Pour le moment la situation du sentiment doit être suivie de près.
Cycles
Les cycles seront hautement significatifs cette année. D'abord parce que c'est une année d'élections et aussi parce que les 2 partis en liste sont très différents quand à leurs impacts sur le marché. Pour le moment, Trump est le favori dans cette élection mais comme l'adversaire ne sera pas connu avant mai ou juin, le marché devra tenir compte de 2 ou 3 ou 4 scénarios possibles et évoluera en conséquence. Il y a fort à parier que le marché sera beaucoup plus volatile dans la première moitié, tant que rien n'est clair. Selon l'histoire, 2020 pourrait ressembler à ceci:
Ce cycle composite tient compte de ce qui se passe habituellement dans une année typique, une année d'élection typique et de la première année d'une décennie. On voit que les premiers mois de l'années sont beaucoup plus volatiles.
Risques
Donc, 2020 sera une année où l'évaluation du risque fera une grande différence entre un rendement nul, médiocre ou un excellent rendement.
Soulèvements populaires
La vague de soulèvements populaires un peu partout sur la planète (Gilets Jaunes, Hong Kong, Brexit, Iran, etc) amène des changements, dans certains cas, qui pourraient s'avérer structurels. Ces soulèvements ne devraient pas se résorber, sans de grandes modifications aux niveaux de ces sociétés et l'ordre établi devrait changer drastiquement. Ce qui pourrait FORT probablement impliquer des changements politiques (Trump, Brexit/Johnson) et amener des dirigeants moins globalistes que les dirigeants actuels et les barrières commerciales se refermer.
Le marché tient compte de ces soulèvements et pèse et sous-pèse ce risque. Les banques centrales pourraient être appelées à réagir et à dévaluer les monnaies afin de relancer l'économie locale, un remède qui fonctionne relativement bien à court terme. Ces dévaluations pousseraient le $ US et amèneraient la Fed à réagir à ces politiques extérieures.
À 23 fois les profits, le SP500 est vulnérable à ces bouleversements potentiels.
Conclusion
Contrairement à plusieurs opinions qui ont été émises, nous entrons dans cette année avec 2 scénarios possibles à partir de cette année en V: le marché terminera avec un solide gain OU le marché ne pourra pas récupérer la totalité de la baisse du premier semestre. C'est donc lors des prochains mois que l'évaluation du risque sera cruciale.
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